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Marie-Claude Delisle

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Tout est à savoir! Moi-même je me découvre un peu plus chaque jour...
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C'est ma vie... je n'y peux rien!

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Des artistes rencontrés ça et là...
September 14

La flaque

 

Elles sont présentes à la façon des essuies-glace. Par intermittence. Selon la pluie ou la fonte des neiges. Le reste du temps, elles s’évaporent et demeurent invisibles.

 

Les flaques d’eau regorgent d’expériences de toutes sortes.

 

Pour faire une flaque, ça prend un « bol », d’asphalte idéalement. De terre si on doit s’en contenter. Les premières gouttes arrivent du ciel, et se réunissent joyeusement pour un party improvisé et mouillé. La flaque s’étend pour devenir un petit étang, et creuse le bol un peu plus. Le bol de terre se remplit de pâte brune, semblable à celle servant à préparer un gâteau au chocolat, mais n’ayant certainement pas le même goût, il va s’en dire. Le bol d’asphalte pour sa part donne une eau relativement claire, presque potable.

 

Au fur et à mesure que la journée voit ses minutes passer au compte-gouttes, les goûtelettes sont catapultées par le pneu roulant d’une bagnole, ou encore par l’autre caoutchouc, celui plus attendrissant des bottes d’un enfant sautant de façon convaincante directement dans la flaque, à pieds joints. Sa maman ne sera pas contente, le garçon sera fier! Les gouttes se dispersent pour se rendre alors dans d’autres partys.

 

Les partys en question? D’autre flaques, ou mieux, une dame qui ne s’attendait pas à une fête de gouttes sur son beau pantalon blanc. Mais bon, c’est un réel plaisir de sauter dans une flaque d’eau, non?

 

Les flaques d’hiver sont embêtantes, car on ne sait jamais ce qu’elles cachent. Depuis des mois, elles attendent de se former, et lorsque le moment est venu, elles accumulent tout ce qui a pu s’enfouir dans les amoncellements de gouttes gelées. Un sous noir, un mégot, une vis, une boucle d’oreille, un vieux lacet, un bouton de manteau. Les vestiges d’un hiver qui n’a pas été facile, quoi. C’est donc moins tentant de faire éclabousser ces flaques artificielles.

 

Peu importe. Les flaques sont la preuve que la nature prend son bain régulièrement. Il ne reste qu’à faire en sorte que son bain ne dure pas trop longtemps. Ou que sa bagnoire ne déborde pas, car les sous-sols ne savent pas nager.

Une chaise

 

 

Il y a généralement quatre chaises autour d’une table. Parfois plus, parfois moins. Elles n’ont qu’un seul but : nous permettre de nous asseoir le plus confortablement possible.

 

Chez mes parents, la chaise a une importance… importante. Chacun a toujours eu « sa » chaise dans la famille. Mon père occupait celle du maître, au bout de la table, face à la télé. Ma mère s’installait à sa gauche, moi à la gauche de ma mère, et mon frère en face de moi. Je m’en rappelle comme si c’était hier!

 

Mon père et ma mère ont toujours conservé leur chaise respective, même après le départ des enfants. Leur nom serait gravé sous le siège, je n’en serais pas étonnée. A tout le moins, avec le temps, le siège aura pris la forme exacte de leur postérieur!

 

Le dossier, le siège, les pattes. Du solide! Bien sûr, afin de supporter une personne, presque peu importe son poids. Même si nos fesses finissent par se mouler dans le siège, la chaise doit être considérée comme une grande rassembleuse. Pensez à votre dernier party de famille. Les personnes sans chaise se sentent à part des autres. Quand quelqu’un s’asseoit, elle rejoint les autres chaises. Tout le monde se colle pour laisser un peu de place à celui ou celle qui veut faire partie de la fête. La chaise est reine! Ne se bat-on pas pour obtenir son siège à la « chaise musicale »? Une personne qui cède sa place pour la laisser à quelqu’un d’autre n’est-elle pas une personne très galante? Les plus grandes décisions ne se prennent-elles pas lorsqu’on est assis?

 

Autour de la table, la chaise est toujours présente et prête à accueillir notre séant, du déjeuner au coucher. Que ce soit pour le petit café du matin, pour prendre le temps d’écrire une carte de souhait, pour discuter autour d’un verre de vin, la chaise sera toujours notre meilleur support, surtout quand on a une p’tit coup de trop dans le nez. En grimpant dessus, on peut atteindre les plus hautes armoires. D’autres l’utilisent pour se défouler en la lançant à travers la pièce, et ce, sans même l’abîmer.

 

Tant que la chaise est à la hauteur idéale par rapport à la table, la chaise ne sera jamais reléguée aux oubliettes. Je salue l’inventeur de la chaise. Il doit être riche celui-là! Car tout le monde entier a au moins deux chaises dans sa maison, peu importe les moyens financiers, la religion, ou l’usage qu’on a fait.

 

D’ailleurs, la chaise n’a pas grand chance de voir son prix grimper pour cause de rareté!

Un nez né

 

Il est né le divin nez. On le voit comme… le nez au milieu du visage. Difficile de le manquer. Les chinois, selon notre interprétation de blanc, se ressemblent tous à cause de leurs yeux bridés. Mais pour eux, les pauvres occidentaux que nous sommes se ressemblent tous à cause de leur nez.

 

C’est qu’il est très pratique, en plus d’être essentiel. Il nous permet d’exercer une fonction, aussi vitale qu’universelle : respirer. C’est un bon début. On sent les odeurs. On goûte avec le nez! Avez-vous essayé de détecter le goût d’un aliment le nez complètement bouché? Bonjour le défi, s’il en est un.

 

Ah le nez! Gros. Petit. Laid. Délicat. Il rend chaque personne unique selon notre vue occidentale. Son esthétisme dépend parfois du mode de vie. Un joueur de baseball et un boxeur sont susceptibles de voir leur appendice nasal prendre une curieuse forme, tout dépend du nombre de balles ou de coups de poing l’ayant atteint. Nous somme toutefois, en totalité, des Pinnochios, mais de façon moins apparente que la célèbre marionnette heureusement. Le nez poursuivra quand même sa croissance tout au long de notre vie.

 

Certains s’en servent comme arbre de Noël, y suspendant des anneaux. D’autres l’utilisent comme passe-temps, bien installés dans la voiture, en attente devant un feu rouge, pensant que personne ne les regarde.

 

Les nez se touchent, et même s’écrasent, lors d’un passionné baiser. Pour ma part, mon nez est utilisé à son plein potentiel lorsque j’échange un bec esquimau avec mes nièces, leur petit nez frôlant le gros mien.

 

Le pire moment pour le nez est lorsque son propriétaire a le rhume. J’ai l’impression que mon cerveau se liquéfie et veut passer tout entier par mes deux petits trous de nez. Je sais, je n’offre pas une image très séduisante, c’est comme ça. Je passe donc mon temps la goutte pendante, la boîte de kleenex à portée de pif, et le fer rouge collé sur chaque narine bien malgré moi.

 

Chez les animaux, le pif sert non seulement à respirer, il est essentiel pour leur survie, sentant une présence non désirée, ou désirée, à plusieurs mètres à la ronde. Leur choix est simple alors. S’enfuir, se battre, ou se reproduire.

 

Le museau de mon chat cherche et renifle sans arrêt, il est toujours fourré partout, curieux de nature. Il me fait faire des sauts chaque fois qu’il le colle par exemple sur ma cuisse, car il est froid et humide, signe de santé dit-on.

 

Donnez une petite baffe sur le nez d’un chien, c’est la pire insulte que vous pourrez lui infliger.

 

Et dire que la trompe d’un éléphant lui sert à la fois de nez et de main!

 

On développe notre mémoire avec le nez. Pensez qu’à 30, 40 ou 50 ans, vous avez, au moins une fois, reconnu une odeur qui vous a ramené à votre enfance…

 

Le pif, le museau, c’est là pour rester. Même s’il n’est pas très beau, le seul moment où je veux me voir sans nez est celui où je serai là-haut, à contempler mon squelette.
September 13

Une dette c't'une dette

 

Toute jeune, les études terminées, j’ai commencé ma carrière sans un sous en poche. Aussi, sans aucune dette. Dans un sens, j’étais riche. Évidemment, ce n’est pas resté comme ça longtemps. Dès que j’ai eu un salaisre qui avait de l’allure, j’ai eu de l’argent… et des dettes. Car bien sûr, si on veut emprunter de l’argent, il ne faut pas réellement en avoir besoin.

 

Ma toute première dette a été une voiture. Pontiac Sunbird 1990 blanche. Avec un aileron. J’en étais folle! C’était en 1995 ou 96. Je l’ai gardé six ans. Et je suis certaine qu’avec toutes les consolidations de dettes que j’ai faites, je la paie encore, cinq ans après m’en être départie.

 

Alors, depuis cette première dette contractée à la banque, j’ai réussi à emprunter pas mal de sous. Bien des meubles me sont passés entre les mains, pour ne pas dire les bras. Je paie ces dettes chaque mois depuis treize ans. Pour une maison, ça semble peu, mais pour des meubles, des voitures usagées et autres cossins, je trouve ça épouvantable! Imaginez avec les intérêts…

 

Le pire, c’est que ça fait partie du décor financier. On planifie notre paiement fonction de notre salaire parce qu’on ne peut pas faire l’inverse, et selon le montant, on s’habitue, ou pas, à constater qu’il ne reste plus beaucoup d’œufs dans le panier à la fin du mois.

 

2008. Je jettais un coup sur mon bill de dettes tantôt. J’ai fait aujourd’hui même mon avant-dernier paiement sur une série d’environ 155. Il ne m’en reste qu’un à faire pour être libérée des chaînes bancaires! Depuis un an, je compte les mois, et maintenant je compte les semaines, et je pourrai bientôt faire la même chose avec les jours. Je sais que je ne serai probablement pas libre très longtemps, si je pense à ce nouveau matelas qu’il me faut, et peut-être une nouvelle voiture, mais le montant total ne sera jamais aussi élevé, je le promets.

 

J’en reviens pas… je suis presque passée à travers… Et que dire de mes parents qui m’ont toujours aidée de toutes les façons pour que j’y arrive… Je dirais donc que la seule dette qu’il me reste est la plus élevée de toutes celles que j’aurai jamais dans ma vie : celle que j’ai envers mes parents.

Lundi

 

On est lundi. Le plus beau lundi depuis longtemps. Il est 13h, il fait 20 degrés, il fait beau, avec une « légère » brise suffisante pour vous sculpter un look typique des années 80, bienvenue les punks!

 

J’ai rencontré le facteur ce matin, et il m’a dit une phrase marquante : ça va bien car il fait beau! Il faudrait vraiment chercher pour trouver quelque chose qui va mal une journée comme ça!

 

Ne cherchez pas à trouver ce qui va mal, concentrez-vous sur ce qui va bien. Fiez-vous au facteur… il sait de quoi il parle!

 
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